Ce qu’un cheveu humain, un « Mü » suisse alémanique et un fil chaud ont à voir avec la micromécanique : retour sur l’apéro professionnel du Gewerbeverein Cholfirst.
Quelle est l’épaisseur réelle d’un cheveu humain ? Et quel est le rapport entre un découpeur de polystyrène et l’usinage de haute précision des métaux ?
C’était justement le sujet de l’apéro professionnel du Gewerbeverein Cholfirst, l’association locale des artisans et commerçants. Pour l’occasion, nous avons ouvert les portes de Retero GmbH. De nombreux invités sont venus, et nous voulions leur montrer ce qui nous occupe au quotidien : la micromécanique, les micro-perçages, l’électroérosion à fil et une précision de l’ordre du millième de millimètre.
Pas question de simplement regarder. Nos invités ont joué aux devinettes, mis la main à la pâte et se sont plus d’une fois émerveillés.
Quelle est l’épaisseur d’un cheveu, et jusqu’où peut-on descendre ?
Nous avons commencé par un petit quiz. Première question : quelle est l’épaisseur d’un cheveu humain ?
En moyenne, un cheveu mesure environ 0,07 mm de diamètre. À l’œil nu, c’est déjà très fin. Pour nous, c’est encore loin d’être la limite. Chez Retero, nous réalisons des micro-perçages de seulement 0,01 mm de diamètre, soit environ sept fois plus petits qu’un cheveu.
Autrement dit : si un cheveu était en métal, sept de nos plus petits perçages tiendraient côte à côte dans sa section. À ce moment-là, beaucoup n’en revenaient pas.
Qu’est-ce qu’un « Mü » ? Le micromètre expliqué simplement
La question suivante portait sur un mot que tous les Suisses alémaniques utilisent : le « Mü ». On l’entend partout, par exemple dans « Rutsch mal ein Mü » (pousse-toi un tout petit peu) ou « Da fehlt noch ein Mü Salz » (il manque une pointe de sel). Mais qu’est-ce qu’un Mü, au juste ?
Quatre réponses étaient proposées : le meuglement d’une vache, un micromètre, un millionième de mètre et un millième de millimètre.
La réponse en a surpris plus d’un : trois réponses sur quatre sont justes. « Mü » vient de la lettre grecque µ (mu), le symbole de « micro ». Quand un Suisse alémanique parle d’un « Mü », il parle donc en réalité d’un micromètre (µm). Et un micromètre, c’est un millionième de mètre, ou un millième de millimètre. Seule la vache était à côté de la plaque.
Au quotidien, un Mü veut simplement dire « un tout petit peu ». Chez nous, c’est une unité de mesure bien réelle. Nous travaillons tous les jours avec des tolérances de ±0,001 mm, soit un écart d’un micromètre au maximum. Cela demande des machines modernes, mais surtout de l’expérience et un œil attentif aux détails.
Un micro-perçage dans une pièce de 5 centimes : qui le trouvera ?
Notre exemple suivant a montré à quel point ces dimensions sont difficiles à percevoir à l’œil nu.
Nous avons réalisé un micro-perçage de 0,05 mm de diamètre à travers l’œil du portrait d’une pièce suisse de 5 centimes. Puis nous avons lancé un défi à nos invités :
« Un micro-perçage se cache quelque part sur cette pièce. Qui le trouvera en premier ? »
Bien que ce perçage soit cinq fois plus grand que nos plus petits, il était à peine visible. Rares sont ceux qui ont repéré la minuscule ouverture du premier coup. Difficile de mieux illustrer l’échelle à laquelle nous travaillons chez Retero.
Comment fonctionne l’électroérosion à fil ? L’explication avec un fil chaud
En plus des micro-perçages, nous voulions aussi montrer comment nous fabriquons. Le fraisage et le tournage, la plupart des gens en ont au moins entendu parler. Pour la micro-érosion, l’électroérosion à fil ou l’électroérosion par enfonçage, c’est une autre histoire. Peu d’invités voyaient spontanément de quoi il s’agissait.
Nous avons donc expliqué l’électroérosion à fil avec un outil que beaucoup connaissent du bricolage : un découpeur de polystyrène à fil chaud.
Le principe est proche. Comme le fil chaud traverse le polystyrène, un fil très fin se déplace à travers la pièce lors de l’électroérosion à fil. La grande différence : le métal n’est pas simplement fondu. Ce sont des décharges électriques entre le fil et la pièce qui enlèvent de façon ciblée de minuscules quantités de matière. On peut ainsi usiner avec une grande précision des contours complexes dans des matériaux conducteurs d’électricité.
Sur la maquette, cela paraît simple. En pratique, c’est un procédé de fabrication où chaque millième de millimètre compte.
À vous de jouer : enfiler le fil dans un trou de départ
Ensuite, nos invités ont pu essayer eux-mêmes. La mission : enfiler notre fil d’électroérosion, épais de seulement 0,04 mm, dans le trou de départ pré-percé d’un bloc de métal.
Cela paraît facile, mais ça ne l’est pas. Il faut de la patience, de bons yeux et une main très sûre. Et même comme ça, on n’y arrive pas toujours du premier coup.
Pourquoi l’électroérosion à fil a-t-elle besoin d’un trou de départ ?
Un trou de départ est nécessaire dès qu’il faut réaliser un contour intérieur. Prenons le contour intérieur d’une roue dentée : on ne veut évidemment pas découper la roue depuis l’extérieur pour y arriver. On perce donc d’abord un petit trou de départ et on y enfile le fil. À partir de là, on usine le contour souhaité avec précision.
Après cet exercice, tout le monde avait compris combien de doigté demande déjà une seule petite étape de travail.
Des secteurs très différents, une même curiosité
Nous avons été particulièrement ravis de la diversité de nos invités : artisans du bâtiment et de la menuiserie, banquiers, conseillères et conseillers psychosociaux, viticulteurs, restaurateurs, peintres et bien d’autres encore.
La plupart n’avaient jusqu’ici que peu de contacts avec la micromécanique. Nous avons d’autant plus apprécié de rendre notre travail concret, de répondre aux questions et d’échanger par-delà les secteurs.
C’est précisément à cela que sert un apéro professionnel : on rencontre des gens de la région, on se trouve des points communs et on découvre des métiers que l’on côtoie rarement au quotidien.
Pour finir : un bon repas et des vins de la région
Et bien sûr, la convivialité était au rendez-vous. Le Bedabeck s’est occupé du délicieux repas, et des membres du Gewerbeverein ont fourni les vins.
Un grand merci au Weingut Besson-Strasser, à la 8247 Weinbau AG et au Weingut Lindentröpfli pour ces excellents vins et cette belle fin de soirée.
Merci pour cette superbe soirée
Nous gardons un excellent souvenir de cette soirée pleine de visages curieux, de bonnes questions et de discussions animées. Ce fut un vrai plaisir de partager notre passion pour la micromécanique et la précision avec des personnes venues d’horizons si différents.
Un grand merci à Pascal et au Gewerbeverein Cholfirst de nous avoir permis d’ouvrir nos portes, ainsi qu’à tous nos invités pour leur intérêt et ces échanges ouverts.
Nous nous réjouissons de vous montrer encore à l’avenir tout ce qui est possible à petite échelle.
Votre équipe Retero